15 questions à Alyssa Minikan

Aujourd’hui, nous parlons mode afro-chic avec la créatrice de la marque de vêtements, Minikan. Elle nous parle de son parcours et nous livre ses astuces pour rayonner en tissu pagne.

  1. Une chose sur toi que peu de personnes savent ?

Peu de personnes savent que je suis une timide maladive car je le cache avec une personnalité ouverte et bavarde !

  1. La première chose à laquelle tu penses en te levant le matin ?

La première chose à laquelle je pense en me levant c’est de faire en sorte que la journée soit belle et profiter de sa simplicité ! Etre reconnaissante pour tout ce que j’ai. Et faire de mon mieux pour atteindre mes objectifs. Rien de plus positif pour commencer une nouvelle journée ; la reconnaissance.

  1. Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Alyssa Minikan, j’ai 24 ans, je suis née à Abidjan d’un père français et d’une mère ivoirienne. Après l’obtention d’une licence en Sciences de l’Information à Paris, je me consacre à la création de vêtements mêlant inspirations issues de la culture ivoirienne et savoir-faire français dans la couture.

  1. Pourrais-tu nous parler de tes débuts de styliste ?

Après l’obtention de ma licence, en 2015, attirée par un irrémédiable besoin de mettre en lumière les tissus dans lesquels j’ai baignée, dans le magasin de ma mère, étant petite, et épaulée par mon compagnon, j’ai commencé à expérimenter des looks mêlant touche de wax avec ma garde-robe habituelle sur mon blog www.cuteinminikan. J’ai ensuite commencé à prendre des cours de couture avec Sophie, une modéliste incroyable, et une adorable professeure qui m’a énormément appris sur l’art de la couture et de l’assemblage.

  1. Pourquoi avoir choisi de travailler le tissu pagne ?

Je me suis installée à Paris à 18 ans, le moyen pour moi de garder un lien constant avec mon pays natal a été d’en glorifier la culture. Ma mère m’y a beaucoup aidée car elle avait un magasin de pagnes où elle vendait des pagnes Hollandais, des pagnes Binta, du Véritable Wax, des pagnes Kita (le tissu traditionnel baoulé), une effervescence de couleurs et de douceurs. J’allais souvent m’y asseoir pour accueillir les clients ou sélectionner les pagnes que je voulais me faire coudre en robes, autres jupes et pantalons par des artisans locaux. Et j’avais tellement d’idées… J’adore dessiner depuis le collège, je me suis rendue compte que c’était une véritable passion, alors je me suis naturellement demandée comment allier mes passions pour le dessin, la mode et les pagnes afin d’en faire un métier qui me permettrait de me lever avec le sourire tous les matins.

Comment déniches-tu les meilleurs tissus pagne pour tes créations ?

Je les choisis directement en Côte d’Ivoire lors de mes séjours tous les 3 à 4 mois au pays, je privilégie les tissus du créateur Woodin du Vallon et du Plateau, dessinés par des designers graphiques basés à Abidjan, les motifs sont tous uniques ! Et la matière, 100 % coton. J’aime particulièrement les pagnes qui sortent de l’ordinaire, que l’on ne s’attend pas à voir sur une pièce maîtresse. J’aime surprendre.

  1. Tu proposes des vêtements et des accessoires, d’où tires-tu ton inspiration ?

D’une passion inépuisable pour les coupes qui mettent en valeur le corps de la femme, ses courbes, et surtout sa grâce ! L’envie de valoriser de belles épaules, ou de voir une taille bien dessinée ; cela me met constamment en recherche des coutures qui mettront le mieux en avant la morphologie de chacune, qu’elles soient fières de porter, dans lesquelles elle se sentiront confiantes. Non seulement à travers le choix des motifs, des couleurs et du modèle, mais c’est un tout qui doit être en parfaite harmonie. Cette imagination me vient de mon métissage il me semble, je suis sans cesse à la recherche de nouvelles idées, car j’ai toujours été stimulée par des univers très différents.

  1. Quelle est ta collection préférée à date ?

C’est la collection Printemps-Eté 2017, N’zewba, qui veut dire « Rivière » en Baoulé. Car c’est lors de ce processus de création que je me suis sentie le plus libre ! J’ai commencé à vraiment expérimenter ce qu’est la création, je me suis posée pendant 10 mois pour créer chacune des robes de la collection, je me suis amusée à choisir des motifs colorés et forts, contrastant avec certains qui étaient plus sobres… et j’ai de mieux en mieux cerné les dimensions du corps féminin. Et même si je ne savais pas où tout ça allait me mener, je travaillais sans m’arrêter, et je m’amusais en travaillant, c’était le plus important !

  1. Quelle est ta pièce fétiche et pourquoi ?

La pièce que je préfère est la robe Bella Bellow, car elle est simple et sophistiquée, comme la chanteuse togolaise du même nom, elle va parfaitement avec l’adage anglophone qui dit « Less is More » qui signifie littéralement « Moins c’est Plus », ou comment faire de la simplicité l’essentiel.

 

  1. Comment définirais-tu la femme « Minikan » ?

La femme Minikan aime le caractère unique et capsule d’un vêtement. Elle est rêveuse et énergique, maternelle et entreprenante, elle aime sortir de sa zone de confort en voyageant, en allant à la rencontre d’autres cultures que la sienne, elle est observatrice et se nourrit de son environnement tout entier pour grandir et évoluer.

  1. Parlons astuce mode et morphologie, on a tendance à dire que les imprimés donnent une certaine épaisseur à la silhouette, que recommanderais-tu aux femmes qui se posent cette question mais adorent le wax ?

Le choix des tissus est tellement vaste, et permet à chacune d’y trouver son compte. Mon petit conseil serait de choisir des motifs plus éparpillés sur le pagne, moins entassés sur un endroit, pour éviter l’effet grossissant, et mieux répartir les imprimés sur la silhouette. Si l’on est vraiment retissant à arborer un total look wax, une jupe en wax taille haute qui marque bien la taille ou un kimono en wax sur un look classique sont les alliés idéaux pour mettre en avant notre amour pour le continent, sans effet « too much ».

  1. Je sais d’expérience que le tissu pagne est assez difficile d’entretien, une astuce pour conserver sa pièce en wax aussi longtemps que possible ?

Oui bien-sûr, je le précise bien sur les petits mots que j’insère dans les colis de mes clientes, préférez le mode « Lavage à la main » lors du passage à la machine à laver, le pagne conservera toute sa splendeur, car la pièce n’aura pas subie de pression au lavage !

  1. As-tu une icône mode ?

Pas vraiment, je suis inspirée par toutes les personnes qui savent allier sophistication et côté tape à l’œil, ce qui n’est pas toujours facile, en cela j’adore les tenues de Rihanna, même si elles sont parfois exubérantes, elle assume tous ses choix, ce qui lui donne beaucoup de classe ! Tout est dans l’attitude. En ce qui concerne la création purement, la créatrice ivoirienne Loza Maléombho a toute mon admiration, c’est un vrai modèle ! Elle a un talent fou.

  1. Qu’est-ce qu’elle t’inspire ?

Elle m’inspire la liberté de créer, l’assurance qui saute aux yeux lorsqu’on se connaît suffisamment soi-même pour expérimenter ses côtés les plus sombres afin de faire ressortir le meilleur de soi-même !

  1. Quel est le meilleur conseil mode qu’on ait pu te donner ?

Un professeur en stylisme m’a dit un jour, alors que la marque Minikan n’était encore qu’une idée, le plus important est d’expérimenter, expérimenter, et expérimenter encore, c’est la clef. Et lors d’une campagne H&M à laquelle Loza Maléombho a participée, il y a deux ans, elle a dit « La mode c’est avant tout s’amuser, la mode c’est « recycler » ». J’ai trouvé ce conseil très judicieux, il m’a aidé à lâcher prise.

  1. Que conseillerais-tu à une femme pour trouver son propre style mode ?

Je conseillerai à une femme actuellement en quête de son style, de s’amuser avant tout ! Et de s’écouter. Afin de faire ressortir ce qu’elle a de plus profond en elle, en se fiant uniquement à son intuition et à son humeur.

  1. Quel est le fashion faux pas par excellence pour toi ?

Je me tiens assez éloignée de l’univers « claquettes-chaussettes » et l’histoire de mélanger le style Street-Wear avec des chaussures à talons ne passe toujours pas de mon côté. Après il faut de tout pour faire un monde, je ne veux pas juger, chacun fait ce qu’il veut, c’est mon côté philosophe !

  1. Une citation pour finir ?

« Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. » Confucius

Pour en savoir plus sur Minikan, rendez-vous sur sa page Instagram.

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