#GreatMe – Meet Reine « J’ai fait le choix de rester en vie et de me battre. »

D’autant que je me souvienne, j’ai toujours rêvé d’être Avocate d’affaires. Je ne saurais dire ce qui a influencé ce choix, peut-être est-ce le faste de ce métier qui me faisait vibrer ? Toujours est-il que je me suis donné les moyens d’y arriver. Arrivée en France à l’âge de 10 ans, j’y ai effectué l’ensemble de ma scolarité et c’est tout naturellement que je me suis orienté vers des études de Droit à ma majorité. Je n’avais qu’une ambition, exceller en Droit. J’y étais presque et ce, jusqu’à ce jour du 23 mars 2016 où j’ai dû mettre ma vie en suspens…. Ce jour là, à l’âge de 25 ans, on m’apprenait que j’étais atteinte d’un cancer épidermoïde ovarien stade II. L’ovaire droit était touché, l’intestin et le côlon également… Ce n’était que le début d’un long calvaire qui allait chambouler ma vie.

A l’annonce du diagnostic, je me suis rapidement faite opérer. Cette opération a été longue et lourde. J’étais paumée, totalement déboussolée. Je voulais du temps pour m’approprier cette nouvelle vie, comprendre l’univers hospitalier mais très vite, j’ai démarré les séances de chimiothérapie. On était le 9 mai 2016…
Quelques mois après, le 22 juillet, j’ai eu une complication et j’ai été contrainte de retourner aux urgences à cause d’une occlusion intestinale qui causait des douleurs insupportables au ventre entraînant des vomissements. On m’a posé une sonde naso-gastrique afin de me libérer de ces maux. C’était horrible et c’est indescriptible la douleur que l’on ressent.

Quand le 12 septembre, j’ai eu ma dernière séance de chimio, je peux vous assurer que c’était une sacrée bouffée d’air frais!

La force de supporter les traitements, je l’ai puisée en moi

Mon protocole de soins était très particulier. On m’administrait deux traitements différents: un à l’hôpital et un autre à la maison. Les effets secondaires étaient difficiles à gérer notamment la fatigue qui était extrême… Toutefois, avec le temps, j’ai trouvé des astuces (merci le coca-cola qui m’a beaucoup aidé pour les nausées haha)

Pour les jours de chimiothérapie, je voulais être belle…
  • Je portais toujours un vêtement sympa, ça pouvait être une robe de couleur ou une jupe. Ces vêtements, je les accompagnais d’une coiffure en vogue, un attaché foulard ou un joli chignon (car j’ai eu cette chance inouïe de ne pas perdre mes cheveux).
  • Je préparais mon petit sac avec soin, mon protocole de soins exigeant que je passe la nuit à l’hôpital. Dans ce sac, je mettais des magazines de mode pour rester au top de la tendance. C’était très important !
  • Je m’offrais un week-end sympa la veille car ma séance était le lundi. Je sortais, je m’amusais, j’allais au cinéma, je faisais un peu de shopping quand les finances me le permettaient. J’ai ainsi pu m’offrir un week-end en amoureux à Milan, à Amsterdam chez des amis les veilles de chimio et ça c’était super!
  • Je marchais beaucoup aussi. La marche est une thérapie miracle car ça permet vraiment de se vider la tête.
  • Les séances de massage avec l’esthéticienne sociale me faisaient le plus grand bien, cela me permettait de garder ma féminité et d’être en harmonie avec moi même.

Ma force je l’ai puisée au plus profond de moi. Il y a un dicton qui m’a toujours interpellée « you don’t know how strong you are, until being strong is the only option ». J’ai fait le choix de rester en vie et de me battre.

En somme, mes principales motivations ont été mon optimisme et ma confiance en la médecine et au corps médical qui m’a littéralement sauvé la vie. Pour la petite histoire, quand mon chirurgien m’a expliqué tous les changements qui allaient survenir, j’ai pris une grande respiration et je lui ai dit: « vous avez mon feu vert! Faites de votre mieux ».

« Nous les malades du cancer, on a besoin de sentir que nous sommes toujours « normaux », c’est très important pour nous. »

J’ai fait le choix personnel de ne parler de ma maladie qu’à très peu de personnes. D’abord, parce que je ne supporte pas la pitié. Ensuite, parce que j’avais décidé de n’en parler qu’aux personnes en qui j’avais entièrement confiance. Ceci s’est avéré être à double tranchant car mes deux meilleures amies de l’époque n’ont pas été là quand j’avais le plus besoin d’elles et ça, c’est mon plus grand regret. On ne se parle plus depuis la fin de mes traitements, c’est-à-dire depuis septembre 2016.

Mon conjoint toutefois a été d’un soutien sans faille, il a tout supporté (mes pleurs, mes angoisses, mes nuits blanches, mes douleurs post-opératoires). Il est mon héros, mon “Marvel” à moi comme on dit .

Il y a également ma tante, ma deuxième maman, qui a été très présente pour moi, elle n’a jamais manqué une séance de chimiothérapie, elle me cuisinait du bon poulet à chaque fin de séance, m’appellait tous les jours pour me réconforter et me dire que je suis une “WARRIOR”.

Il y a eu aussi une très bonne amie, qui est comme une grande-soeur, qui a été très présente aussi. A ma sortie de 20 jours d’hospitalisation, elle m’a fait des massages au niveau de la plante des pieds car celles-ci étaient très abîmées. Elle m’a aussi aidée dans mes différentes démarches administratives.

Malheureusement, mon père n’a pas pu être à mes côtés car il vit au Cameroun. Il me soutenait du mieux qu’il pouvait à distance.

J’étais très peu entourée (par choix) mais j’étais avec les meilleurs et je leur en suis reconnaissante à vie. Je ne pense pas avoir attendu tant de choses de mes proches. Juste de l’amour car nous les malades du cancer, on a besoin de sentir que nous sommes toujours « normaux », c’est très important pour nous.

En y repensant

Avant la maladie, j’étais très portée sur la réussite professionnelle car j’ai eu une vie semée d’embûches malgré mon jeune âge. Réussir à l’école représentait beaucoup pour moi. Être Avocate d’affaires était symbole de réussite. Chose que je ne suis pas prête à refaire. La réussite matérielle n’est pas un tout. J’aspire à un bonheur plus évident qui est de profiter de la vie, mais autrement.

J’ai créé mon association il y a un an et demi pour accompagner les personnes malades et leurs proches dans leurs démarches administratives. Je voulais qu’elles jouissent de leurs droits. J’en suis totalement fière. Venir en aide aux autres et partager leur expérience.

Pendant la maladie, je me sentais parfois seule. J’aurais aimé rencontrer des personnes dans la même situation que moi afin d’échanger, de partager des astuces beauté, bien-être, etc. Je suis heureuse de voir aujourd’hui qu’un réseau de solidarité s’est créé sur Instagram.

Ne vous sentez pas étranger face à une épreuve aussi difficile.

Si j’ai un conseil à donner aux personnes atteintes de cancer c’est le suivant: Ne vous sentez pas étrangère face à une épreuve aussi difficile. Même si la famille devrait jouer un rôle primordial dans l’accompagnement vers la guérison, le fait d’avoir « des sœurs ou frères de combat » fait un bien fou en fait.

Se tourner vers des associations aide beaucoup également. Il y a, par exemple, des associations comme CAMI Sport et Cancer pour pratiquer un sport, avoir la possibilité de faire différents ateliers de bien-être, participer à des groupes de parole…

www.aidesocialecancer.com

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