Revivre à Pâques

A quelques jours de Pâques et alors que les Chrétiens s’apprêtent à récolter les fruits spirituels de cette période très sainte qu’est le Carême, j’aimerais revenir sur ces 40 jours de pénitence et de réconciliation, partager mon expérience de Catholique et relater ces moments qui m’ont permis de vivre pleinement ma spiritualité.

Une période de lutte contre mon égo

« Mourir à moi-même », c’est l’un des engagements forts que j’avais pris au début du carême. Je voulais faire taire mon égo, oublier cette voix qui nous pousse à agir dans l’émotion sans avoir le temps de nourrir une pensée constructive en prenant le recul nécessaire.

Revivre à Pâques

Crédit photo: Charles Bidard
Faire taire cette voix, signifiait pour moi, choisir de célébrer la raison, choisir d’identifier et de traiter les problèmes de fond plutôt que de m’attacher aux choses superficielles qui trop souvent nous poussent à répéter les mêmes schémas et les mêmes erreurs… J’ai réalisé, ce faisant que le fait de ne pas comprendre ce qui nous travaille profondément signifiait continuer d’agir sans maîtrise, sans chercher à comprendre les personnes en face… en analysant toute situation à travers notre propre grille de lecture, de notre vécu, comme si nos expériences étaient universelles.

Le choix de ne pas écouter mon égo, je l’ai porté et de cette expérience, je sors grandie. J’ai compris au cours de ces 40 derniers jours, que mes réponses n’étaient que le résultat d’interactions que j’avais eu par le passé, avec des personnes du passé et qu’elles ne devaient en aucun cas impacter mes nouvelles rencontres. J’ai compris que je ne devais tirer que le meilleur du passé, à savoir les leçons et ce, de sorte à avancer sereinement sans bloquer les nouvelles opportunités, les nouvelles chances qui se présenteront sûrement, sans faire barrière aux personnes intéressantes qui viendraient dans ma vie.

Une foi plus intense :

Pour pouvoir réaliser mon premier objectif de ce temps de carême, « mourir à moi-même », je me suis attachée à Dieu, à ses enseignements et à ma foi catholique. Nous sommes faits de chair et d’esprit et le fondement de la spiritualité, c’est de comprendre qu’il y a des choses qui dépassent notre nature humaine, des choses qu’il faut confier à Dieu, afin d’avancer sereinement. C’est comprendre aussi que la chair est faible et l’esprit seul est charitable et éternel. J’aimerais citer ici quelques versets de Galate en son chapitre 5 qui m’ont aidé.

Photo de l’église Notre Dame d’Auteuil

Galate 5 :13

Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres.

Galate 5 versets 17/18/19/22

17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez.

18 Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi.

19 Or, les oeuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution,

22 Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance;

Quand mon égo revenait toquer à la porte, avec son écho de culpabilité et d’accusations, je me rappelais que Jésus était mort pour nos péchés et qu’à sa résurrection, il y aurait des grâces, je me rappelais aussi qu’en tant qu’être de chair et d’esprit, je pouvais écouter l’un ou l’autre. J’ai donc fait le choix de rester positive et de marcher selon l’esprit. Ceci m’a permis de me délester de mon fardeau de remords, faire taire mon égo et continuer de bâtir. Je pense que le fait de procéder ainsi m’a permis de vivre un carême plus fort, non dans les plaintes, mais dans la construction de piliers d’avenir.

Une vie, cruelty free :


Pendant ces 40 jours, je me suis littéralement métamorphosée.

Je suis devenue végétarienne : S’il est recommandé les vendredis du carême de ne pas manger de viande, j’ai tenu à suivre cette renonciation tous les jours de carême. C’est ainsi que j’ai découvert des plats succulents sans viande, j’ai appris de beaucoup de personnes végétariennes qui m’ont communiqué leurs recettes, j’ai renoué avec l’héritage culinaire de mon pays où nous mangeons beaucoup de légumes et ça m’a permis de vraiment contrôler mon alimentation, si bien que j’ai fait le choix de rester végétarienne sans compromis. Une proche roumaine, m’a expliqué qu’elle ne mangeait pas de viande les lundi, mercredi et vendredi pour mieux vivre sa spiritualité. Ca m’a conforté dans mon choix. Dans un prochain article, je vous parlerai des recettes succulentes que j’ai réalisées (si jamais ça vous dit de sauter le pas).

Ces 40 derniers jours, j’ai également arrêté de consommer du vin et autres liqueurs. C’était difficile !!!!! (Rire) Surtout avec les tracas de la vie où en rentrant le soir on a juste besoin d’un petit verre pour faire passer la pilule. Ça aussi je l’ai assez bien vécu et je suis bien contente d’avoir fait ce sacrifice. Cette période de privation a été pour moi un temps de réflexion sans précédent, je ne regrette rien.

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